Virtualité et Réalité

Nous accédons à notre univers, de plus en plus, par l’intermédiaire de l’écran de notre ordinateur. Ce monde virtuel qui n’est plus soumis à notre expérience physique peut nous entraîner vers toutes les dérives les plus utopiques.

Virtualité

« C’est effrayant le deuil que l’on est obligé de faire du virtuel pour devenir un homme. »

Eric-Emmanuel Schmidt

La virtualité classique exprime la possibilité d’un devenir, la virtualité contemporaine, celle d’une existence conceptuelle, d’un rêve. En fait d’une immaturité puérile face à la réalité.

La pensée humaine peut passer de la potentialité réelle : un homme cultivé peut écrire un livre, à une existence fictive : le robot que je vois sur mon écran d’ordinateur est en train d’écrire un livre. Cette dernière virtualité sous-tend la pensée contemporaine. La disparition de l’essence transcendante, dans la perception de l’être humain, laisse toute liberté à la pensée pour considérer que l’existence fictive peut être aussi réelle que l’existence réelle elle-même. Un exemple dramatique illustre la pénétration de cette deuxième virtualité dans nos sociétés : l’enfant n’existe que s’il y a un projet parental. Le projet, conception virtuelle de l’enfant ne tient plus compte du réel : abandon des notions de père et de mère, abandon de la notion de parentalité hétéro-sexuelle, abandon de la procréation naturelle. La virtualité contemporaine est en fait l’utopie en marche.

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Réalité

« Le mot « réalité » désigne ce qui existe effectivement : une réalité est une chose qui est, c’est l’ensemble des choses qui sont. »

Encyclopaedia Universalis

La réalité est l’exact contraire de la virtualité contemporaine. Elle oppose concept et expérience. Penser, concevoir, imaginer sont le propre de l’homme certes, mais indissociables du libre-arbitre. Ces capacités lui permettent de se percevoir comme différent de lui-même et d’envisager tous les moyens d’auto-destruction de son identité réelle en l’habillant de tous les plaisirs supposés du bien-être physique et intellectuel.

Le seul moyen, pour l’homme, de ne pas s’engager sur les voies mortifères de la virtualité déconnectée de son propre bien est de se confronter à la réalité. Celle-ci étudiée empiriquement, fait apparaître les imperfections de l’être humain que l’utopie veut corriger mais qui ne peuvent l’être, en réalité, que par la libre acceptation de sa dimension transcendante.

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