Compassion et Complaisance

Notre société est passée de la compassion à la complaisance, de la charité gratuite à la dictature du plaisir.

Compassion

« Les gens déjà chargés de leur propre misère sont ceux qui entrent davantage par la compassion dans celle d’autrui. »

Jean de la Bruyère

Etymologiquement, la compassion est le fait de souffrir avec. La compassion est incompatible avec la manipulation ou l’hypocrisie, car le fait de partager et de comprendre la souffrance de l’autre s’appuie sur l’expérience de la souffrance elle-même, et sur le constat de l’imperfection humaine.

La compassion est la première étape qui, partant de la réalité humaine, peut permettre d’acccéder à une démarche salvatrice.

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Complaisance

« La complaisance est une disposition à s’accomoder au plaisir et aux désirs des autres. C’est le désir de plaire par intérêt et, en même temps, la crainte de déplaire. »

Jean-Jules Richard – Le Feu dans l’amiante

A l’opposé de la compassion, la complaisance est le fait d’accompagner le plaisir. La complaisance est elle-même un plaisir qui, par facilité, s’affranchit de tout discernement, de toute réflexion : ce que veut l’autre ne peut être que son bien, mon plaisir est de le satisfaire.

Dans le cadre de la manipulation, la complaisance devient une stratégie. Dans ce cas, elle se cache derrière le mot « tolérance ».

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